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Grenoble JO 2018 : La bataille sera sévère

Annecy, Grenoble, Nice et les Alpes du Sud, ont six mois pour séduire le CNOSF et prouver que leur dossier est le meilleur.
Pour Grenoble, la concurrence est de taille. Il va falloir démontrer au CNOSF de quoi les Grenoblois sont capables.

Le point sur les 4 projets annoncés (Source : Christophe PÉRALTA pour le Dauphiné)


Annecy
La candidature haut-savoyarde se veut simple et authentique, avec de nombreuses infrastructures existantes, qui accueillent régulièrement des évènements de dimension internationale.
Points forts
Un bon dossier technique, tant au niveau des transports, de l'hôtellerie que des sites de compétition, déjà opérationnels concernant le volet neige.
Une solide expérience au niveau des organisations sportives ces dernières années.
Un coût réduit pour l'organisation de ces Jeux.
Le soutien du département voisin, la Savoie, qui mettrait à disposition sa piste de bobsleigh et luge (La Plagne) et son tremplin de saut (Courchevel).
Points faibles
La population de l'agglomération ne correspond pas aux tailles des dernières villes choisies par le CIO.
Ville: 52 000 habitants.
Agglomération: 130 000.
Département de la Haute-Savoie: 700 000.

Le CNOSF avait modérément apprécié les réactions annéciennes sur le refus de présenter une candidature pour 2014, même si depuis, plusieurs rencontres ont aplani les différends.

Les organisations sportives majeures
Mondiaux de cyclisme à Sallanches (1980) et de VTT aux Gets (2004), coupe d'Europe (2002 et 2008) et mondiaux juniors (1998) d'athlétisme.
Depuis le début des années 2000: coupes du monde de ski alpin à Chamonix et Megève; coupe du monde de ski de fond à La Clusaz; coupes du monde de freestyle aux Contamines et Flaine.

Nice
La candidature niçoise a été la dernière à se déclarer. Christian Estrosi, le maire de la ville, s'est prononcé lors des championnats de France de ski alpin, à Auron et Isola 2000, en mars dernier, avant de réitérer sa volonté d'organiser les JO 2018 l'été dernier au journal télévisé de France 2. Annoncé au départ comme un simple coup de communication, ce projet niçois a gagné de l'ampleur au fil des semaines, d'autant qu'il a été pris à bras le corps par l'ancien ministre de l'aménagement du territoire. De fait, les derniers choix du CIO pour les Jeux d'hiver, Vancouver et Sotchi, présentent une topographie identique celle de Nice. Des villes de bord de mer avec la montagne dans l'arrière-pays. Une constatation qui inquiète les autres candidats. Même si Nice pourrait aussi se tourner vers l'Euro-2016 de football au cas où la France serait le pays organisateur.
Points forts
Le poids politique de Christian Estrosi, un proche du président de la République.
Le cadre de la Côte d'Azur, l'alliance de la mer et de la montagne.
La population de l'agglomération niçoise.
Ville: 350 000 habitants.
Agglomération: 500 000.
Département des Alpes-Maritimes: 1,1 million.
Points faibles
L'accès routier aux stations du Mercantour est compliqué, dans l'étroite vallée de la Tinée. On peut compter près de deux heures pour rallier Auron ou Isola 2000, les stations prévues pour le ski alpin, de Nice.
Une expérience très réduite en matière d'organisation.
Les organisations sportives majeures
Mondiaux de patinage artistique à Nice en 2000.
Mondiaux juniors de ski alpin à Auron en 1982.

Les alpes du sud
Le maire de Gap a annoncé hier soir qu'il n'envisageait pas d'être la cité hôte des JO. Mais le projet des Alpes du Sud se poursuit malgré tout, avec Embrun voire Briançon en possible ville support.
Jusqu'à hier soir, le projet de Gap tenait bon, porté depuis quatre ans par Jean-Marc Passeron, ancien conseiller général des Hautes-Alpes devenu conseiller municipal d'opposition de la cité gapençaise. Mais l'initiative a pris un sérieux coup de grisou avec l'annonce du maire de la ville, Roger Didier, de renoncer à la bataille franco-française pour ces JO 2018. Si Pierre Bernard-Reymond, l'ancien premier magistrat devenu sénateur, soutenait le projet, son successeur à l'Hôtel de Ville, en 2007, n'a jamais été emballé. Hier, M. Didier a mis le coup fatal. "Nous ne devons pas mentir aux Gapençais, nous ne devons pas les faire rêver, a-t-il lâché. C'est la raison pour laquelle nous n'envisageons pas de participer à la candidature interne du CNOSF."
Pour autant, Jean-Marc Passeron y croit toujours, même si son projet devient encore plus atypique car il faut désormais obtenir l'accord d'une ville-hôte de la candidature des Alpes du Sud.
Dans un département de 140 000 habitants, seules Briançon (12 000 habitants) ou Embrun (7 000), qui tiendrait la corde en tant qu'épi-centre du dispositif prévu, pourraient assumer ce rôle, à condition que les conseils municipaux concernés délibèrent favorablement. Reste que les chances de séduire le CNOSF, qui n'a jamais cru à ce projet, se réduisent encore.
"Nous soutiendrons activement les dossiers de candidature portés par les territoires de Provence-Alpes-Côte d'Azur", a cependant souligné dans un communiqué Michel Vauzelle, le président de la région PACA. Sauf que Nice est aussi dans cette région.


Grenoble
Le succès populaire du passage de la Flamme olympique à Grenoble, en février 2006, quelques jours avant l'ouverture des Jeux de Turin, a offert à Michel Destot, le maire de la ville, une occasion unique d'annoncer la candidature de sa ville pour les JO de 2018. L'engouement autour des commémorations du 40e anniversaire des Jeux de 1968, cette année, a conforté les édiles de l'agglomération du bien-fondé de leur décision de se lancer dans la bataille. En jouant sur le tableau de la tradition olympique et de l'aura internationale de la ville pour séduire le CNOSF et le CIO, mais aussi sur l'image innovante d'une cité réputée pour accueillir des entreprises de haute technologie.
Points forts
La ville travaille depuis trois ans sur son projet avec intelligence, ayant appréhendé les codes et les règles du milieu olympique. Michel Destot a su ne pas braquer les instances dirigeantes du sport français après l'échec de Singapour en 2005 et Grenoble apparaît comme le candidat favori du président du CNOSF.
Le gros potentiel économique de l'agglomération devrait permettre à la candidature de bénéficier de solides partenaires.
Points faibles
L'absence d'expérience récente en matière d'organisations sportives d'ampleur internationale. La dernière Coupe du monde de ski alpin en Isère remonte ainsi à 1982 (l'Alpe d'Huez).
Les organisations sportives majeures
Les JO d'hiver en 1968.
Organisation de manches de Coupes du monde de snowboard à l'Alpe d'Huez (2004) et Grenoble (2008).
Population
Ville: 160 000 habitants.
Agglomération (Métro): 450 000.
Département de l'Isère: 1,2 million.



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